Nederlandse Kostuumvereniging

Toch naar Frankrijk… dit is een bijzonder museum

In Avallon (bij Vezelay) bevindt zich een weinig bekend kostuummuseum, dat werd gesticht en ingericht door twee zusters: Anne en Sylvie Carton. In een grote stadsvilla is waarschijnlijk één van de belangrijkste kostuumcollecties van Frankrijk te zien. De collectie bestaat uit ca. 3000 dames- en herenkostuuums vanaf het midden van de 18de eeuw tot eind 20ste eeuw. Een deel wordt getoond in regelmatig wisselende exposities in fraai ingericht interieurs.


Het museum heeft geen website, daarom hier ter informatie een Frans artikel. Een impressie van het museum én de twee charmane zusters is te zien op You Tube

Le musée du costume à Avallon, une merveilleuse invitation à remonter le temps

Elles n’étaient ni dentellières, ni couturières, ni costumières mais possèdent l’un des plus beaux musées du costume de France et l’un des plus grands. Marthe, Agnès et Sylvie Carton font visiter, jusqu’à la Toussaint, leur nouvelle exposition entre boutons, agrafes et fermetures à glissière.

“La mode a connu des évolutions techniques permanentes, commente Agnès Carton, lors de la visite guidée de l’exposition d’été “Une mode très attachante. Les mille et une manières d’attacher les vêtements”. La grande évolution du XXe siècle, c’est la fermeture à glissière, autrement dit la fermeture éclair. Elle est née autour de 1880, mais elle s’est développée après la Grande Guerre.”

On traverse cette étonnante exposition, au sein d’un hôtel particulier d’Avallon. “Jusqu’au XIXe siècle, poursuivent Agnès et Sylvie Carton, les deux sœurs qui font ensemble la visite, on utilisait les lacets et les boutons. Nous avons une robe de mariée de 1950 de couturier, qui s’attache encore à l’arrière de cette façon. Et l’on imagine comme cela pouvait être long?! Ensuite, sont venues les agrafes. La grande évolution du XIXe siècle.”

“Notre collection est née d’un cadeau d’anniversaire, il y a 50 ans, explique Agnès Carton. J’ai reçu trois robes de mes parents. Nous avions visité le musée Galliera à Paris et découvert un domaine que nous ne connaissions pas, grâce à une vente aux enchères de l’Hôtel Drouot.” Rapidement, la famille Carton a étoffé sa collection. “Les, robes, nous les avons en partie acquises lors de ventes aux enchères de fonds de châteaux, auprès de quelques théâtres, explique Agnès Carton, mais aussi de grandes brocantes : les chapeaux, les gants…”

Le premier musée, pendant 11 ans, était à Amiens. Mais la maison étant devenue trop petite pour les collections, la famille a dû déménager, s’installant à Avallon dans un hôtel particulier ayant appartenu à la famille de Condé (lire par ailleurs).
Agnès et Sylvie Carton et leur mère Marthe, 99 ans et demi, fêtent cet été les 30 ans du musée du costume d’Avallon, l’une des plus belles collections de France en dehors du musée Galliera.

Une collection à 98% française

La collection est à 98 % française, mais le musée possède aussi quelques pièces venues de Russie, des robes d’Angleterre. La mode italienne?? “La Renaissance est une grande période de la mode italienne, explique Agnès Carton, mais hormis la période révolutionnaire, où la mode a été aux robes anglaises, avec la robe à taille ajustée, Paris est depuis très longtemps historiquement la capitale de la mode.”

Les deux sœurs ont beaucoup chiné. “Ces dernières années, on a acheté dans les brocantes une jolie miniature, un portrait d’homme de la fin du XVIIIe siècle, explique Agnès. En chinant nous trouvons des objets de décoration : quelques bronzes, par exemple, qui représentent des animaux sauvages. La maison a été un pavillon de chasse, alors nous sommes intéressées par tout ce qui peut y faire écho.”

Parmi les autres découvertes, un tableau des armoiries d’une famille royale, des accessoires de mode. “C’est très éclectique, commente Agnès. Par les brocantes, nous avons trouvé quelques jolies boucles de soulier d’hommes du XVIIIe siècle, un diadème d’époque Restauration en métal doré et corail.”

“Aujourd’hui, il est beaucoup plus difficile de trouver des robes dans les ventes de châteaux, explique Agnès?: les pratiques ont changé. Les maisons de famille que l’on se passe de génération en génération sont un peu en voie de disparition. Beaucoup de gens sont des citadins et n’ont pas de place pour entreposer les souvenirs de famille. Et la conception même du textile a changé. Nous avons reçu récemment la visite très intéressante d’un monsieur qui commercialise les tissus et nous disait que souvent, désormais, les tissus étaient conçus pour résister à six lavages seulement. On voit naître une obsolescence programmée de tissus comme elle existe pour les objets.”

La difficulté des ventes par correspondance

Les deux sœurs participent à des ventes par correspondance, mais, expliquent-elles, elles sont aujourd’hui concurrencées par des collectionneurs. “Lorsque nous avons débuté, poursuit Agnès, les collections intéressaient assez peu de gens. Les mentalités ont changé. Lorsque les prix montent trop nous n’enchérissons pas.” Marthe arrive pour une visite. Les trois femmes frappent par l’étonnante allégresse qui les porte. Marthe dit qu’elle aime la mode, toutes les modes, exceptées les robes trop courtes. Pas de chance, ce jour-là la mienne est bien au-dessus du genou. On lui fait remarquer et Marthe Carton éclate de rire.

En sortant du musée, il vous revient doucement ces paroles d’Étienne Roda-Gill, chantées par Julien Clerc. “Jouez violons/Sonnez crécelles en souvenir des demoiselles/Des demoiselles aux longs jupons… Si cette chanson vous rappelle, le temps où vous étiez si belle/Où vous faisiez de vos jupons les voiles d’un bateau fanfaron…”

Musée du Costume – 6, rue Belgrand – Avallon, tel. +33 (0)3 86 34 19 95

Texte: Nicola Edge
nicola.edge@centrefrance.com